Face à la polémique suscitée par la note produite par le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) sur les éventuelles effets d’une crise sanitaire liée du Covid-19 en Afrique, le ministère français de l’Europe et des affaires étrangères a tenu à rappeler que les travaux produits par le CAPS n’engagent pas les autorités françaises. Ils servent juste à alimenter la réflexion interne sur la politique étrangère.

Dans une note qui a fuité dans la presse et sur les réseaux sociaux, le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) relevant du ministère français de l’Europe et des affaires étrangères prédit que la crise sanitaire liée au Covid-19 pourrait sonner la fin de certains régimes fragiles au pouvoir au Sahel et en Afrique centrale. Face à cette éventualité, le CAPS estimait alors nécessaire de trouver d’autres interlocuteurs africains capables de faire face à cette crise dont les conséquences seront essentiellement politiques.

Cette note a suscité la polémique sur les réseaux sociaux et nombre d’internautes n’ont pas manquer d’exprimer leur indignation. En réponse à cette polémique, le ministère français de l’Europe et des affaires étrangères a indiqué que le Centre d’analyse et de prévision (CAPS) qui est sous sa tutelle, réunit des chercheurs et des diplomates et produit des notes de prospective en vue d’alimenter la réflexion des décideurs français. Ces travaux se caractérisent par une grande liberté de pensée et d’écriture qui permet de donner au travail diplomatique un recul, un autre regard. Mais ces travaux ne représentent en aucun cas les positions officielles de la France et n’engagent pas les autorités françaises.

Il souligne par ailleurs que la note diffusée dans les médias et sur les réseaux sociaux visait à alerter les décideurs français sur les pires scénarios de la crise sanitaire liée au Covid-19 en Afrique. Datant de la deuxième quinzaine du mois de mars à une période où la crise sanitaire s’amplifiait en France, la note visait à interpeller l’administration française sur la nécessité de ne pas oublier le continent africain. La note proposait en outre au réseau diplomatique français en Afrique de « soutenir des paroles publiques d’experts africains scientifiques et spécialistes de la santé », car « il existe une communauté scientifique médicale africaine qui peut être mobilisée et soutenue ».

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Justine Bonkoungou
Lefaso.net