Les gouvernements du Burkina, du Bénin et du Togo ont signé ce lundi 23 septembre 2019, à Ouagadougou, un accord tripartite de coopération en matière de protection des enfants en situation de mobilité ou victimes de traite transfrontalière. Cet accord fait suite à un travail d’experts des différents pays qui se sont réunis du 20 au 23 décembre 2019, à Ouagadougou.

Par cet accord, le Burkina, le Bénin et le Togo se sont engagés à promouvoir et à protéger les droits humains en général et à accorder aux enfants en particulier, toute l’attention requise en vue d’assurer leur plein épanouissement. Dans la pratique, les trois pays entendent s’entraider dans l’investigation, l’arrestation, la poursuite, l’extradition ou le jugement des coupables en matière de traite transfrontalière à travers les autorités compétentes de chaque Etat.

En outre, les parties se sont engagées à préserver l’identité des enfants en situation de mobilité ou victimes de traite transfrontalière et la confidentialité des informations les concernant conformément à leur législation nationale. Pour y arriver, les différents pays se sont accordés sur la mise en place d’une Commission permanente de suivi (CPS) dans le but de suivre et d’évaluer les actions menées dans le cadre de la mise en œuvre du présent accord, sur la base des rapports annuels.

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Saluant cette initiative du Burkina, la ministre togolaise de l’Action sociale, de la protection de la femme et de l’alphabétisation, Tchabinandi Kolani /Yentchare, a signifié qu’il était très important de disposer de ce précieux instrument juridique qui permettra de mettre en place des mécanismes efficaces de suivi des enfants. « Nous savons tous les conséquences néfastes que le phénomène de la mobilité ou de la traite a sur la vie des enfants ainsi que leur avenir. Ils subissent des violences, sont parfois maltraités, enrôlés dans des conflits armés, utilisés pour réaliser des films pornographiques », a-t-elle noté, soulignant que les enfants doivent être suivis.

La ministre en charge de la Solidarité nationale et de la famille du Burkina, Laurence Ilboudo/ Marchal, soutiendra également que le phénomène de la traite ou de la mobilité des enfants est préoccupant. En 2018, dit-elle, le Burkina a enregistré près de 1700 enfants en situation de mobilité ou victimes de traite dont 28% issus d’autres pays. D’où l’intérêt de travailler avec d’autres pays. C’est ainsi qu’après la signature de traités bilatéraux avec des pays comme la Côte d’ivoire et le Mali, le Burkina a jugé nécessaire d’élargir la coopération pour mieux protéger le droit des enfants.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net